Les demandes s’accumulent sur le bureau des candidats
JOSÉ D. SOUCY
À moins d’une semaine du scrutin provincial du 5 octobre, les demandes d’engagements se multiplient auprès des candidats du Bas-Saint-Laurent et de Côte-du-Sud. Tourisme, acériculture, environnement : plusieurs organisations profitent de la campagne électorale pour placer leurs priorités à l’avant-plan, et réclamer des réponses concrètes des différentes formations politiques.
Tourisme Bas-Saint-Laurent est l’une des plus récentes organisations à interpeller les candidats. L’organisme leur soumet quatre grandes priorités pour les quatre prochaines années, à commencer par le maintien des investissements dans les infrastructures récréotouristiques comme les pistes cyclables, les sentiers, les parcs régionaux, les accès nautiques, et les installations de vélo de montagne.
L’industrie touristique représente 484 entreprises au Bas-Saint-Laurent, soit 8,8 % de l’ensemble des entreprises de la région, en plus de générer 6756 emplois. Plus de 2,2 millions de visiteurs fréquentent annuellement la région, pour des dépenses touristiques évaluées à 484,5 millions $.
L’organisme souhaite aussi le maintien des enveloppes consacrées au développement touristique, notamment l’Entente de partenariat régional et de transformation numérique en tourisme (EPRTNT). Depuis 2022, cette dernière a permis d’appuyer 86 projets représentant des investissements totaux de 36,8 millions $ au Bas-Saint-Laurent.
Tourisme Bas-Saint-Laurent réclame également des mesures pour répondre à la rareté de main-d’œuvre et améliorer l’accessibilité du territoire, notamment par le réseau routier, les liaisons aériennes, ainsi que le transport collectif et interurbain.
Les candidats de Côte-du-Sud font partie de ceux directement interpellés. L’organisation leur donne jusqu’au 29 septembre pour lui transmettre leurs engagements qui seront ensuite rendus publics.
Les acériculteurs veulent protéger leur avenir
Quelques jours auparavant, les Producteurs et productrices acéricoles du Bas-Saint-Laurent–Gaspésie (PPABSLG) avaient eux aussi profité de la campagne pour réclamer des engagements. L’organisation représente 790 entreprises totalisant près de 11,4 millions d’entailles au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.
Photo : Archives Le Placoteux
Parmi leurs principales demandes figure la réservation de superficies suffisantes en forêt publique pour permettre la croissance de l’industrie jusqu’en 2080. Dans la région, le dossier des 2000 hectares supplémentaires de potentiel acéricole en forêt publique demeure particulièrement sensible. Les producteurs réclament le respect de l’engagement gouvernemental visant à rendre ces superficies disponibles à moyen terme, un dossier qui demeure sans dénouement depuis mai 2025.
Les acériculteurs demandent également une contribution gouvernementale au financement de la réserve stratégique de sirop d’érable, ainsi qu’une bonification des programmes d’assurance afin de mieux protéger les entreprises contre les événements climatiques extrêmes et les catastrophes naturelles.
L’utilisation du territoire fait aussi partie de leurs préoccupations. Les PPABSLG souhaitent une meilleure planification régionale, afin que les effets cumulés des projets énergétiques, industriels et d’infrastructures soient évalués en tenant compte notamment des érablières, des activités forestières, de la faune et de la biodiversité.
L’organisation précise toutefois ne pas s’opposer au développement de l’énergie éolienne ni à la transition énergétique, mais souhaite que les conséquences des projets envisagés au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie soient étudiées globalement.
Les producteurs demandent finalement que le contingent acéricole ne soit pas intégré à l’évaluation foncière des érablières, un soutien accru au développement des marchés d’exportation — particulièrement en Europe —, ainsi que l’adoption d’une politique nationale de l’érable.
L’environnement entre aussi dans la campagne
Le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) s’ajoute maintenant aux organisations qui interpellent les candidats. Dans une sortie effectuée le 22 septembre, l’organisme cible trois grands dossiers : la mobilité durable et l’urgence climatique, la création d’aires protégées, et la sauvegarde des espèces menacées.
En matière de transport, le CREBSL réclame notamment un soutien au développement du transport collectif régional et au financement de la Régie de transport du Bas-Saint-Laurent. Il souhaite également que l’entretien et la sécurisation du réseau routier existant soient privilégiés, plutôt que la construction de nouvelles infrastructures.
L’organisme demande par ailleurs au prochain gouvernement de consacrer les ressources humaines, techniques et financières nécessaires à la création d’aires protégées. Il rappelle l’objectif gouvernemental de protéger 30 % du territoire d’ici 2030.
Enfin, le CREBSL réclame des interventions pour protéger les habitats d’espèces menacées, particulièrement le caribou de la Gaspésie, le béluga du Saint-Laurent, et différentes espèces de chauves-souris.
Il souhaite notamment la publication rapide de la stratégie de protection du caribou, l’achèvement de l’agrandissement du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, et une évaluation des impacts globaux du développement éolien sur la biodiversité.


