Le maire soulagé

JOSÉ D. SOUCY

Le maire Gilles Maltais ne cache pas son soulagement après des mois de tensions à la Municipalité de Saint-Cyrille-de-Lessard. Sa façon d’exercer ses fonctions avait été vivement contestée au cours des derniers mois, au point où son départ avait été réclamé par certains citoyens. Le rapport de la Direction des enquêtes et des poursuites en intégrité municipale (DEPIM) vient de lui donner raison.

 On me blanchit de toute accusation », a-t-il lancé en entrevue au Placoteux, quelques jours après avoir pris connaissance des conclusions de l’enquête. À l’origine, la DEPIM avait notamment reçu des renseignements faisant état d’un possible abus d’autorité de la part du maire.
Le directeur général visé par le rapport (Loïck Odon S. Ahouansou) a occupé ses fonctions du 21 juillet 2025 au 10 juillet 2026. Selon la DEPIM, ses omissions et ses délais dans le traitement de demandes légitimes formulées par le maire, de même que la transmission d’informations erronées, contradictoires ou incomplètes ont largement contribué à alimenter et à maintenir le conflit opposant le maire aux autres membres du conseil.
Rien à se reprocher
Pour Gilles Maltais, ces conclusions prennent une signification particulière après les mois de confrontation. « On m’a encore dit que je n’étais pas légitime à la Municipalité, que j’étais la source du problème. On voulait mon départ. Je savais que je n’avais rien à me reprocher », rappelle-t-il.
Le maire soutient depuis le début de la crise que les conseillers municipaux prenaient certaines décisions à partir d’informations qui ne reflétaient pas toujours l’ensemble de la situation. Il se garde toutefois de leur attribuer directement la responsabilité du conflit. « Je n’ai jamais dit que mes conseillers étaient problématiques. C’était les informations qu’ils avaient. Ils agissaient en fonction de ce qu’ils recevaient comme information. De l’information erronée », affirme-t-il.
Malgré le soulagement qu’il exprime aujourd’hui, Gilles Maltais sait que le rapport ne met pas un terme aux tensions. La DEPIM constate elle-même que le conflit demeure bien présent malgré le départ du directeur général, et que la Municipalité doit maintenant parvenir à rétablir un climat de collaboration. Pour le maire, une chose demeure cependant claire : il n’a pas l’intention de quitter ses fonctions.
« J’ai toujours dit que j’ai décidé de faire quatre ans, et que j’allais faire quatre ans », tranche-t-il, allant même jusqu’à évoquer la possibilité de solliciter un deuxième mandat.
Sept recommandations
La DEPIM formule sept recommandations à la Municipalité de Saint-Cyrille-de-Lessard. Elle demande d’abord que le rapport soit déposé à la première séance ordinaire du conseil suivant sa publication, et qu’une résolution soit adoptée d’ici le 7 octobre 2026 afin d’obtenir l’accompagnement du ministre des Affaires municipales pour aider à résoudre le conflit, et clarifier les rôles de chacun. La Direction recommande également de revoir le processus d’autorisation des paiements, de faire suivre aux élus une formation sur la civilité et le respect, et sur les pouvoirs de surveillance et de contrôle du maire ainsi que le déroulement des séances, puis de rendre conforme le Code d’éthique et de déontologie des élus.
La DEPIM recommande aussi que le conseil soit accompagné par une ressource externe, idéalement spécialisée en ressources humaines, afin de trouver une solution pour pourvoir de façon permanente le poste de direction générale.

Gilles Maltais. Photo : Archives Le Placoteux

Enfin, les mandats des différents comités consultatifs devront être précisés par résolution, tout comme la question de savoir si le maire y bénéficie ou non d’un siège d’office. Gilles Maltais a indiqué aux enquêteurs qu’au moins deux des recommandations s’inscrivaient déjà dans des démarches amorcées avec la nouvelle direction générale.
À noter que le rapport de la Direction des enquêtes et des poursuites en intégrité municipale sera présenté à la prochaine séance de conseil municipal de Saint-Cyrille-de-Lessard.