Violence envers le personnel de soutien scolaire

À la suite de la présentation des données nationales sur la violence subie par le personnel de soutien scolaire, les quatre syndicats représentant le personnel de soutien scolaire du Bas-Saint-Laurent affiliés à la FEESP-CSN dévoilent un portrait plus précis concernant leurs membres.

Le sondage original mené par la FEESP-CSN touchait 6129 membres du secteur, dont 89 % sont des femmes. Parmi eux, 774 employés de soutien ­scolaire des quatre centres de services scolaires du Bas-Saint-Laurent ont répondu. Les répondants, majoritairement âgés de 26 à 55 ans, occupent pour la plupart des postes permanents à temps partiel ou complet (83 %), et cumulent souvent moins de cinq ans d’ancienneté (36 %). Les données récoltées mettent à jour ceux d’une enquête similaire menée par ­l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) en 2022.
Les résultats concernant la violence au travail sont extrêmement troublants. Près de la moitié des répondants ont été victimes de menaces de violence physique (49 %) ou de violence physique directe (45 %). Ces taux sont supérieurs à ceux observés en 2022 dans l’enquête de l’INSPQ (27 % et 37 % respectivement).
Les types d’agressions vécues sont variés et souvent graves : cris avec colère, langage grossier, menaces de mort, attaques avec objets, et même des conduites déplacées à caractère sexuel, incluant des attouchements. Des situations qui ne devraient se produire dans aucun milieu de travail.
Risques psychosociaux
Les risques psychosociaux sont également très présents. Une forte proportion des répondants au niveau provincial rapporte une demande élevée d’ordre psychologique (48 %), un faible soutien de leurs supérieurs (35 %), une faible ­reconnaissance (47 %), et une faible latitude décisionnelle (55 %). Ces facteurs contribuent à une détresse psychologique importante : 86 % des personnes sondées présentent un niveau élevé de détresse psychologique.
De plus, 90 % des répondants relient leurs symptômes à leur travail. Le phénomène de présentéisme est aussi préoccupant : 62 % ont affirmé avoir travaillé malgré des problèmes de santé. Enfin, 26 % des répondants songent à quitter leur emploi, un taux supérieur à celui observé dans l’enquête de 2022 de l’INSPQ (19 % pour le personnel de soutien scolaire).

La situation de la violence envers le personnel de soutien scolaire est alarmante. Photo : Gil Ribeiro, Unsplash

Situation alarmante
Ces résultats témoignent de la situation alarmante des conditions de travail dans le secteur du soutien scolaire, et plus spécifiquement chez les membres des quatre syndicats représentant le personnel de soutien scolaire du Bas-Saint-Laurent. Dans le contexte, il est particulièrement troublant que le gouvernement du Québec tente de soustraire le secteur de l’éducation à certaines dispositions de son projet de loi n° 101 (PL101), Loi visant l’amélioration de certaines lois du travail. Cette décision entraînerait une diminution de la protection en santé et sécurité au travail pour les employés de ce secteur par rapport aux autres travailleurs du Québec.
Les quatre syndicats représentant le personnel de soutien scolaire du ­Bas-Saint-Laurent demandent que le gouvernement de la CAQ recule, et mette en œuvre les mécanismes de prévention en milieu de travail prévus au PL101 pour l’ensemble du secteur de l’éducation. Ils réclament aussi une intervention urgente du ministère de l’Éducation et des centres de services scolaires (CSS) pour mettre en place des mesures concrètes visant à protéger la santé et la sécurité du personnel de soutien. Finalement, ils demandent que le gouvernement reconnaisse pleinement le rôle fondamental du personnel de soutien dans le système éducatif québécois.
Les quatre syndicats représentant le personnel de soutien scolaire du Bas-Saint-Laurent comptent environ 2300 travailleurs des CSS du Fleuve et des Lacs, des Monts et Marées, de Kamouraska–­Rivière-du-Loup et des Phares.
Source : Syndicats FEESP-CSN