COURSE À L’INVESTITURE AU PLQ EN CÔTE-DU-SUD
Nancy Saint-Pierre souhaite défendre les régions
JOSÉ D. SOUCY
Candidate à l’investiture du Parti libéral du Québec dans la circonscription de Côte-du-Sud, Nancy Saint-Pierre affirme vouloir mettre son expérience municipale et son enracinement régional au service des citoyens de la région. De passage à l’émission En toute liberté, animée par Richard Bossinotte sur les ondes de CHOX-FM, la mairesse de Saint-Joseph-de-Kamouraska a exposé sa vision politique, axée notamment sur les services de proximité, la couverture cellulaire, la main-d’œuvre et la vitalité des communautés rurales.
Âgée de 54 ans, Nancy Saint-Pierre œuvre depuis plus de 16 ans dans le domaine du financement agricole. Bien connue au Kamouraska, mais aussi dans les secteurs de Montmagny et de L’Islet grâce à son travail et à ses implications, elle dit avoir développé une solide connaissance des réalités vécues par les entreprises, les producteurs agricoles et les municipalités de la région. « Je suis une fille de région », a-t-elle lancé d’entrée de jeu, en rappelant qu’elle vit depuis toujours dans le milieu rural, et qu’elle comprend les enjeux propres aux petites communautés.
Impliquée depuis son jeune âge
Son parcours politique a commencé bien avant la mairie. D’abord impliquée bénévolement dans différents organismes liés à l’école et à la communauté, elle a ensuite été commissaire scolaire à partir de 2007, avant de faire le saut en politique municipale. Élue conseillère en 2016, elle est devenue mairesse de Saint-Joseph-de-Kamouraska l’année suivante. Elle en est aujourd’hui à son troisième mandat. « Ma mère m’a dit : “Nancy, si tu veux que les gens sachent ce que tu es capable de faire, implique-toi. Fais du bénévolat. Ton nom va circuler.” C’est ça que j’ai fait », a-t-elle indiqué.
Selon elle, cette expérience lui a permis de mieux comprendre les défis auxquels font face les municipalités rurales, particulièrement en matière de financement, de réglementation et de maintien des services.
La couverture cellulaire
Au cours de l’entretien, Nancy Saint-Pierre a insisté sur plusieurs dossiers qu’elle estime prioritaires pour la Côte-du-Sud. Elle a notamment évoqué les enjeux liés à la couverture cellulaire, qu’elle juge essentiels autant pour les communications que pour la sécurité des citoyens. « Le cellulaire, il faut comprendre ce qui bloque », a-t-elle affirmé, estimant que plusieurs secteurs de la région restent encore mal desservis malgré les investissements annoncés au fil des années.
Main-d’œuvre
La candidate à l’investiture libérale s’est aussi montrée préoccupée par la pénurie de main-d’œuvre qui frappe les entreprises régionales. Elle estime notamment que la situation des travailleurs étrangers temporaires devra être examinée de plus près. « Il y en a même qui ont acheté des maisons, dont les enfants sont inscrits à l’école, puis on leur dit : “désolé, tu retournes chez toi” », a-t-elle souligné, en affirmant vouloir mieux comprendre les mécanismes qui compliquent leur maintien en région.
Nancy Saint-Pierre. Photo : Courtoisie
Services de proximité et écoute
Nancy Saint-Pierre croit qu’il faut protéger les institutions et les services qui permettent aux communautés de demeurer vivantes. Elle a notamment mentionné l’importance de conserver les écoles, les établissements de formation, les services hospitaliers et les entreprises locales.
Elle estime aussi que les municipalités ont besoin d’un allègement administratif. Selon elle, la lourdeur des programmes gouvernementaux et des redditions de comptes représente un défi important pour les petites administrations municipales. « Si un humain a mis quelque chose en place, un humain peut le modifier », a-t-elle illustré, en plaidant pour des règles plus simples et mieux adaptées à la réalité du terrain.
Même si elle reconnaît que le Parti libéral du Québec devra rebâtir sa présence dans la circonscription, Nancy Saint-Pierre affirme vouloir mener une campagne axée sur la proximité et l’écoute. Elle mise sur les rencontres citoyennes, les échanges directs, et sa connaissance des réalités régionales pour convaincre les membres libéraux.
L’investiture du Parti libéral du Québec dans Côte-du-Sud se tiendra le 31 mai à Saint-Jean-Port-Joli. Trois candidatures sont officiellement confirmées : Laurier Michaud, Nancy Saint-Pierre ainsi que Benoît Cloutier, citoyen de Berthier-sur-Mer.
LE PQ TOUJOURS SANS CANDIDAT EN CÔTE-DU-SUD
Michel Forget précise le processus
JOSÉ D. SOUCY
À près de trois mois du déclenchement attendu des prochaines élections provinciales, le Parti québécois n’a toujours pas officiellement de candidat dans la circonscription de Côte-du-Sud, une situation qui soulève certaines questions sur la scène politique régionale. Le président de l’association péquiste locale, Michel Forget, affirme toutefois que le processus suit son cours, et que l’intérêt pour le parti est bien réel.
Ancien candidat lui-même sous la bannière du Parti québécois, Michel Forget explique que le mécanisme menant à une investiture est désormais très structuré, et entièrement piloté par les instances nationales du parti. « Dans le processus pour qu’une personne puisse être candidate à une investiture, il y a plusieurs étapes », a-t-il expliqué au Placoteux.
Toute personne intéressée doit d’abord remplir un dossier comprenant un questionnaire en ligne, présenter une lettre de motivation, un curriculum vitæ et parfois des lettres d’appui. Le parti procède ensuite à différentes vérifications, notamment concernant les antécédents judiciaires et la présence sur les réseaux sociaux.
Les candidatures sont ensuite analysées par la Commission nationale des candidatures qui peut décider de mettre fin au processus, ou de permettre au candidat potentiel de poursuivre vers une entrevue avec les ressources humaines du parti. « La commission des candidatures finalise le tout, et autorise ou pas une personne à aller en investiture », a résumé le président de l’association locale.
Michel Forget insiste également sur le fait qu’une personne ne peut même pas affirmer publiquement qu’elle aspire à devenir candidate tant qu’elle n’a pas reçu l’autorisation officielle du parti, ce qui est également le cas pour lui. « Tant qu’une personne n’y est pas autorisée, elle ne peut même pas dire qu’elle est candidate à une investiture », a-t-il rappelé.
Le président précise toutefois que toutes ces décisions relèvent du palier national, et non des associations locales ou régionales. « Ça passe au national. Ce n’est pas le régional qui décide », a-t-il souligné. Dans certaines circonscriptions, comme Rimouski et Rivière-du-Loup, plusieurs personnes sont actuellement en processus, ce qui pourrait mener à des courses à l’investiture.
Michel Forget. Photo : Archives Le Placoteux
Vent favorable
Malgré l’absence de candidat officiel dans Côte-du-Sud pour le moment, Michel Forget affirme sentir un vent favorable pour sa formation politique dans la région. « Il y a plusieurs personnes qui suivent le processus », a-t-il mentionné, laissant entendre qu’un intérêt concret existe actuellement en coulisses.
L’ancien candidat péquiste dit également percevoir pour la première fois depuis longtemps, localement, un enthousiasme plus marqué autour du Parti québécois. Sans dévoiler de noms ni confirmer ses propres intentions, il affirme sentir que « le PQ a le vent dans le dos » dans Côte-du-Sud, un contexte qui pourrait expliquer l’intérêt observé autour d’une éventuelle candidature.
Lutte à trois
Selon les dernières données du site de projection électorale Québec 125, le Parti québécois a repris les devants avec 29% des intentions de vote. Le Parti conservateur d’Éric Duhaime suit en deuxième position avec 25 %, suivi de près par la Coalition avenir Québec qui récolte 24 %. Le Parti libéral est quant à lui en quatrième position avec 14 %, tandis que Québec solidaire ferme la marche avec 6 %.
