Liens Brookfield-Carney :
Bernard Généreux réclame également des réponses

JOSÉ D. SOUCY

Bernard Généreux hausse le ton dans le dossier des liens entre le premier ministre Mark Carney et la firme Brookfield. Le député conservateur de Côte-du-Sud–­Rivière-du-Loup–Kataskomiq–Témiscouata appuie sans détour la sortie de son collègue Gabriel Hardy, et estime que les questions soulevées dans son document de 16 pages qui a été déposé sont suffisamment sérieuses pour exiger des explications claires d’Ottawa.

Dans les derniers jours, le député de Montmorency-Charlevoix a renchéri en évoquant une nouvelle séquence jugée troublante. Il fait notamment référence à un investissement de 1,5 milliard de dollars lié au fonds de transition de ­Brookfield, suivi une dizaine de jours plus tard par une visite officielle de Mark ­Carney en Norvège. Une coïncidence de plus, selon lui, dans un dossier qui commence à faire sourciller bien du monde.

Le député conservateur local affirme que son collègue soulève des « questions légitimes » quant à de possibles apparences de conflits d’intérêts entourant le premier ministre. Il insiste : il ne s’agit pas d’accusations criminelles, mais bien d’un enjeu de confiance publique. Et à ses yeux, c’est déjà assez grave pour qu’on s’y attarde sérieusement.

Des liens de longue date

Le cœur du malaise repose sur les liens passés entre Mark Carney et Brookfield. Avant son entrée en politique, M. Carney occupait un poste stratégique au sein de l’entreprise, et détenait au moment de son départ environ 6,8 millions de dollars US en options. Or, selon des témoignages entendus au comité d’éthique en ­novembre 2025, la valeur de ces instruments financiers demeure liée à la performance de Brookfield. En décembre 2025, le commissaire fédéral à l’éthique, Konrad von Finckenstein, aurait lui aussi indiqué que la rémunération future du premier ministre restait attachée au succès de l’entreprise.

Un « écran d’éthique » a bien été mis en place pour éviter que Mark Carney intervienne dans des dossiers susceptibles de toucher ses intérêts. Sur papier, la mécanique existe. Sur le terrain, le document cité dans le texte soulève toutefois plusieurs failles : couverture partielle des entités liées à Brookfield, gestion en partie assurée par l’entourage même du premier ministre, et certaines rencontres avec des dirigeants de l’entreprise qui n’auraient pas toutes été rapportées au commissaire à l’éthique.

La limite du pouvoir du commissaire

Malgré l’importance de son rôle, le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique dispose de pouvoirs souvent jugés limités lorsqu’il s’agit d’imposer des sanctions directes. S’il peut mener des enquêtes, exiger la production de documents, et convoquer des témoins sous serment afin de vérifier d’éventuels manquements, ses moyens coercitifs demeurent restreints.

En matière administrative, il peut notamment imposer des amendes pour des erreurs de déclaration, mais celles-ci sont généralement modestes — autour de 200 $ —, un niveau de pénalité largement critiqué comme étant peu dissuasif face à des enjeux financiers pouvant atteindre des millions de dollars. Dans les faits, son levier le plus puissant demeure le dépôt de rapports publics qui peuvent entraîner une pression politique importante, et dans certains cas, mener à une démission. Toutefois, il ne possède pas le pouvoir de destituer un premier ministre. Il peut également formuler des recommandations, allant jusqu’à exiger des mesures comme la liquidation d’actifs, s’il juge que les mécanismes en place, notamment l’écran d’éthique, sont insuffisants.

C’est précisément ce genre de zones grises qui font réagir Bernard Généreux. Pour lui, les Canadiens ont droit à des réponses nettes, surtout lorsque les gestes du gouvernement semblent croiser les intérêts d’une entreprise aussi présente dans des secteurs clés comme l’énergie, le logement modulaire, l’intelligence artificielle, le nucléaire, ou encore le gaz ­naturel liquéfié. « Il ne s’agit pas d’accusations, mais les Canadiens sont en droit d’obtenir des réponses claires pour ­préserver la confiance envers nos institutions », conclut Bernard Généreux.

Bernard Généreux. Photo : Archives Le Placoteux

Un « sapin de Damoclès »

Quiconque va faire un tour dans un sentier de marche recherche la paix, la quiétude, et ne veut surtout pas avoir à penser à des enjeux de sécurité. Or, un lecteur nous a fait parvenir cette photo qu’il dit avoir prise au début du sentier du Boisé Beaupré à La Pocatière, qui montre clairement un sapin qui ne tient visiblement qu’à un fil…

Avisée par Le Placoteux, la Ville de La Pocatière — qui n’était pas au courant — a confirmé que les sentiers sont officiellement fermés depuis le 20 mars. « Les récentes conditions météorologiques ont laissé des traces dans nos différentes infrastructures », précise Louise Lacoursière, du service des -Communications de la Ville de La Pocatière.

Cette dernière ajoute que les employés affectés aux sentiers travaillent à remettre le tout en état, « mais cela prendra encore quelques jours. Les sentiers seront ouverts lorsque ceux-ci seront sécuritaires pour tous les usagers », conclut-elle.

Le sapin au milieu du sentier ne tient qu’à un fil. Photo : Courtoisie