FIN DES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES

Le pire scénario pour les entreprises québécoises

La Chambre de commerce Kamouraska-L’Islet et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) déplorent la fin des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis sans qu’une entente ait été conclue. Les nouveaux tarifs de 50 % sur une variété de produits exportés par les entreprises du Québec, le maintien des tarifs déjà existants, et la menace de nouveaux contre-tarifs canadiens auront de graves conséquences, notamment pour les entreprises du Kamouraska et de L’Islet.

Selon un nouveau sondage réalisé par la FCCQ et relayé par la CCKL, 68 % des entreprises étaient favorables à une entente, même si elle devait s’accompagner de concessions du côté canadien. Plus d’une entreprise répondante sur deux est visée par au moins un tarif états-unien, qu’il s’agisse des tarifs existants (article 232), des nouveaux tarifs (article 338), ou de plusieurs mesures à la fois.
« C’est le pire scénario pour les entreprises québécoises qui se concrétise aujourd’hui : l’arrêt des négociations, l’imposition de nouveaux tarifs et la menace de nouveaux contre-tarifs canadiens. Les résultats de notre sondage sont sans équivoque : la grande majorité des entreprises souhaitent une entente rapide, parce que les tarifs américains existants fragilisent déjà leur compétitivité. Face aux nouveaux tarifs, les réponses des entreprises visées sont aussi claires : elles ont besoin d’une aide financière non remboursable, pas d’un endettement supplémentaire, et ne veulent pas de contre-tarifs. Nous demandons au gouvernement fédéral de bien consulter l’industrie avant d’imposer des mesures de représailles qui pénaliseraient nos propres entreprises », déclare Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.
« Les nouveaux tarifs douaniers accentuent une incertitude qui pèse déjà lourdement sur nos entreprises. Dans Kamouraska-l’Islet, plusieurs entreprises doivent composer avec des marchés américains importants, des coûts d’intrants plus élevés, et des chaînes d’approvisionnement qui demeurent fragiles. Notre priorité doit être de protéger leur compétitivité et leur capacité de se développer. Nous croyons qu’une réponse gouvernementale doit être stratégique et ciblée, sans ajouter une pression supplémentaire aux entreprises qui sont déjà directement touchées par les tarifs. », affirme Anne-Christine Charest, directrice de la Chambre de commerce Kamouraska-L’Islet.
Principaux constats
La Chambre de commerce Kamouraska-L’Islet et la Fédération des chambres de commerce du Québec précisent qu’une entreprise sur deux est déjà touchée : 51,5 % des répondants sont visés par au moins un tarif états-unien. Les impacts financiers s’accentuent rapidement, puisque les pertes moyennes déclarées passeraient de 2,07 M$ à 6,09 M$ d’ici six mois. De même, l’emploi est de plus en plus menacé, le nombre moyen de postes abolis chez les entreprises touchées passerait de 10 à 38 d’ici six mois.

Anne-Christine Charest. Photo : Courtoisie

Ce sont les grandes entreprises qui subissent les pertes les plus importantes, la perte moyenne de marché anticipée aux États-Unis atteint 109,3 M$, et 68,3 % des répondants favorisent un accord Canada–États-Unis, même au prix de concessions importantes dans d’autres secteurs. Le sondage met également en lumière l’importance d’un accompagnement gouvernemental rapide et adapté à la réalité des entreprises exportatrices. Pour plusieurs d’entre elles, l’enjeu dépasse la hausse des coûts : il s’agit de maintenir leur capacité de production, de conserver leurs équipes, et de préserver leur accès au marché états-unien, tout en accélérant la diversification vers de nouveaux débouchés.
La CCKL et la FCCQ recommandent donc de bonifier de façon importante le soutien financier non remboursable destiné aux liquidités et au fonds de roulement, de mettre en place un congé ou un allègement temporaire de l’impôt sur le revenu pour les entreprises touchées, et de renforcer l’aide financière et l’accompagnement visant la diversification des marchés d’exportation.

TARIFS ÉTATS-UNIENS

La MRC de L’Islet accompagne les entreprises touchées

JOSÉ D. SOUCY

Alors que plusieurs entreprises de la région doivent composer avec l’incertitude provoquée par les nouveaux tarifs états-uniens, la MRC de L’Islet, bien qu’inquiète de la situation, affirme qu’il est encore trop tôt pour mesurer précisément les conséquences économiques des nouveaux tarifs. Elle assure toutefois être en mesure d’accompagner les entreprises dans leurs démarches pour qu’elles obtiennent de l’aide gouvernementale.

Questionné par Le Placoteux sur les répercussions des tarifs sur les entreprises du territoire, le préfet de la MRC de L’Islet, Normand Caron, souligne que plusieurs d’entre elles sont directement concernées. « Il est impossible pour le moment de chiffrer les impacts à court, moyen ou long terme, mais l’introduction des nouveaux tarifs concerne directement plusieurs entreprises de la MRC », indique-t-il.

Normand Caron. Photo : Archives Le Placoteux

La MRC souligne par ailleurs que ses demandes au sujet de la mise en place de mesures de soutien pour les entreprises ont trouvé écho auprès des gouvernements. « Nos demandes pour des programmes d’aide ont été entendues de la part des gouvernements », affirme le préfet.
Programme
La MRC de L’Islet est notamment responsable de l’administration d’un programme d’aide provincial destiné aux entreprises dont le chiffre d’affaires se situe entre 1 et 2 millions de dollars. Pour les entreprises qui ne correspondent pas à ces critères, l’équipe de développement économique de la MRC peut également intervenir afin de les orienter vers les programmes gouvernementaux correspondant davantage à leur situation.