Les musées de l’Est-du-Québec s’inspirent
du modèle scandinave
JOSÉ D. SOUCY
Deux professeures de l’Université d’Aarhus, au Danemark, ont récemment parcouru plusieurs institutions muséales de l’Est-du-Québec. L’objectif était de poursuivre une réflexion amorcée en Scandinavie l’automne dernier sur la collaboration, la mutualisation des ressources et la pérennité des musées. Leur parcours les a notamment menées dans la MRC de L’Islet.
Ane Hejlskov Larsen et Vinnie Nørskov ont visité plusieurs institutions des MRC de Rivière-du-Loup, de Kamouraska et de L’Islet afin de rencontrer leurs équipes, et de mieux comprendre les réalités auxquelles sont confrontés les musées régionaux du Québec.
Cette démarche constituait le deuxième volet d’une mission amorcée au Danemark
en octobre 2025. Une délégation de 14 professionnels, administrateurs et universitaires de l’Est-du-Québec avait alors passé cinq jours à étudier différents modèles de musées regroupés au Danemark et en Norvège, à travers des conférences, des études de cas, et des rencontres avec des institutions.
Cette fois, le mouvement s’est effectué en sens inverse. Les deux universitaires danoises sont venues observer les pratiques québécoises, et échanger avec les responsables des musées d’ici. L’objectif était d’explorer de nouvelles formes de collaboration et de mutualisation, et plus largement de réfléchir à un modèle organisationnel plus durable pour les institutions en région.
La tournée
La tournée a débuté le 24 août à Rivière-du-Loup, avec des visites au Musée du Bas-Saint-Laurent et au Manoir Fraser. Mardi, la délégation a poursuivi son parcours à la Maison Chapais de Saint-Denis, au Musée québécois de l’agriculture et de l’alimentation à La Pocatière, ainsi qu’à la Seigneurie des Aulnaies à Saint-Roch.
La MRC de L’Islet a ensuite accueilli la délégation mercredi. Les deux professeures ont visité le Musée maritime du Québec à L’Islet, ainsi que le Musée de la mémoire vivante à Saint-Jean-Port-Joli. La mission s’est terminée par une rencontre synthèse en fin d’après-midi, à laquelle a notamment participé le directeur général de la Société des musées du Québec, Stéphane Chagnon.
Une suite logique pour le Musée maritime
Pour Marie-Claude Gamache, directrice générale du Musée maritime du Québec, la venue des deux universitaires danoises représentait la continuité directe du travail entrepris en Scandinavie. Elle avait elle-même participé à la mission d’études de l’automne 2025 en compagnie du président du Musée maritime du Québec, Marc Girouard. « Pour nous, c’est comme un complément, c’est la suite logique de la première étape d’études », a expliqué Marie-Claude Gamache au Placoteux.
Le passage des deux professeures dans la région a ainsi permis aux institutions québécoises de présenter à leur tour leurs réalités, et de poursuivre les échanges sur les modèles susceptibles de contribuer à leur pérennité.
Les députés de Côte-du-Sud et de Rivière-du-Loup–Témiscouata et quelques membres des équipes muséales scandinave et québécoise. Photo : Courtoisie
« C’est une occasion pour nous de continuer le dialogue entre les avancées qui se font dans les pays scandinaves et les projets à l’étude au Québec sur comment mieux permettre au Musée d’être viable dans le futur », a-t-elle ajouté.
La question de la viabilité des institutions se trouvait d’ailleurs au cœur de la démarche. Malgré les différences entre les modèles québécois et scandinaves, les musées régionaux doivent composer avec plusieurs défis liés notamment aux ressources disponibles, à la vitalité des régions, et à la pérennité des institutions culturelles.
La démarche ne consistait toutefois pas simplement à reproduire au Québec les modèles observés en Scandinavie. Elle visait plutôt à comparer les expériences et les pratiques, à poursuivre le dialogue entre les milieux muséaux et universitaires, et à explorer des avenues susceptibles de répondre aux réalités des institutions québécoises. « Cette réciprocité est au cœur de notre démarche : mettre en dialogue les expertises pour réfléchir ensemble à l’avenir des musées en région », souligne Mélanie Girard, directrice générale du Musée du Bas-Saint-Laurent.
Rencontre avec les élus
Avant le début des visites, une soirée d’accueil a eu lieu. La ministre du Tourisme et députée de Rivière-du-Loup–Témiscouata, Amélie Dionne, ainsi que le député de Côte-du-Sud Mathieu Rivest figuraient notamment parmi les élus présents pour accueillir la délégation.
Cette nouvelle étape aura finalement permis de ramener dans l’Est-du-Québec une réflexion amorcée à plusieurs milliers de kilomètres de la région. Après avoir observé les façons de faire scandinaves en 2025, les représentants des musées québécois ont cette fois ouvert leurs portes aux expertes danoises avec un même enjeu en toile de fond : trouver des façons de collaborer et de s’organiser pour assurer la pérennité des musées en région.
Une veillée pour retrouver le goût de danser
MARC LAROUCHE
Et si une simple veillée de danse permettait de renouer avec une partie de notre histoire ? C’est le pari que font le Théâtre de la Bacaisse et L’Orchestrad du Kamouraska avec Changez de côté vous vous êtes trompés !, un conte théâtral qui sera présenté le vendredi 4 septembre au Théâtre des prés de Saint-Germain.
Présenté comme un rassemblement intergénérationnel, le spectacle propose de redécouvrir la gigue québécoise tout en plongeant dans l’univers des veillées traditionnelles. Et l’expérience ne s’arrêtera pas au théâtre : la représentation se terminera par une véritable danse câllée, à laquelle le public sera invité à participer.
Au cœur de l’histoire se trouvent Éric et Kim, deux jeunes adultes de 35 ans qui, devant leur télévision lors d’un réveillon, prennent conscience qu’ils connaissent finalement bien peu les traditions québécoises. Ils n’ont jamais véritablement entendu un reel, ne savent pas danser, et encore moins exécuter une gigue. Cette prise de conscience les pousse à entreprendre une quête afin de retrouver une partie de leur histoire et de leur identité.
À travers leurs recherches, les deux personnages remontent le fil du temps, et tentent de rouvrir « le canal de la transmission » entre les générations. Une façon pour la création de Mélissa Bouchard, qui signe également le texte et la mise en scène, d’aborder avec humour et fantaisie la question de la transmission des traditions québécoises.
Le spectacle réunit Valérie Boutin, Paul Fruteau de Laclos et Denis Maheux à l’interprétation. Denis Maheux assure également le violon et le câll, tandis que les chorégraphies sont signées David Biron et Karine Chiasson. La scénographie est de Dominique Giguère et Marie-Pascale Chevarie.
Une véritable soirée canadienne
Avec la participation de L’Orchestrad du Kamouraska, Changez de côté vous vous êtes trompés ! pousse encore plus loin le concept de la soirée canadienne. Les câlleurs et musiciens de la formation disposent d’un répertoire de folklore québécois destiné à faire danser le public jusque tard dans la soirée.
Pour ceux qui souhaitent prolonger l’expérience, un repas-spectacle est également proposé. L’équipe d’Au Cabouron prépare un menu conçu pour donner aux participants l’énergie nécessaire afin de tenir un set carré pendant des heures.
Le coût est de 40 $ pour le combo repas-spectacle, et de 20 $ pour la veillée seulement. Les billets sont disponibles en ligne sur la page Facebook du Théâtre de la Bacaisse, ou directement à la porte le soir de l’événement.
Ça va swigner le 4 septembre au Théâtre des prés de Saint-Germain. Photos : Courtoisie
Cette première représentation au Théâtre des prés de Saint-Germain donnera le coup d’envoi à une tournée qui se poursuivra l’hiver prochain. Pour le Théâtre de la Bacaisse et L’Orchestrad du Kamouraska, l’objectif est clair : réunir les générations autour d’une tradition qui invite autant à découvrir qu’à participer.
Parce qu’après tout, une veillée traditionnelle ne se contente pas de raconter une histoire. Elle donne surtout envie de se lever, de suivre le rythme et de « swigner la compagnie ». Les billets pour le souper-spectacle doivent être achetés avant le 2 septembre.


